Plante anti pucerons : lavande, œillet d'Inde ou capucine, laquelle planter où ?

Plante anti pucerons : lavande, œillet d'Inde ou capucine, laquelle planter où ?

Aucune plante ne vide un jardin de ses pucerons à elle seule, mais bien choisies et bien placées, certaines réduisent nettement la pression. Le principe : les unes repoussent par leur odeur (lavande, œillet d'Inde, tanaisie), une autre détourne les colonies (la capucine), d'autres encore attirent les prédateurs. Voici comment choisir selon ce que vous voulez protéger.

Trois façons d'agir : repousser, détourner, laisser faire les prédateurs

Le puceron en bref

Les pucerons se nourrissent de la sève et affaiblissent les plantes. On compte environ 4 000 espèces de pucerons, dont à peine 250 sont réellement nuisibles. Ils mesurent de 1 à 4 mm et se multiplient par parthénogenèse, ce qui explique la rapidité des invasions. Leur miellat, un liquide sucré et collant, favorise la fumagine, ce voile noir sur les feuilles, et attire les fourmis, qui protègent les colonies et les transportent.

Répulsif, plante-piège, plante hôte

Une plante répulsive brouille l'odorat des insectes grâce à ses huiles aromatiques : lavande, tanaisie, rue officinale, osmanthe. Une plante-piège joue la diversion : la capucine attire les pucerons, qui s'y concentrent plutôt que sur vos cultures. Enfin, des fleurs simples comme le souci ou l'anthémis attirent les insectes auxiliaires, dont les prédateurs de pucerons. Ces trois logiques se complètent : miser sur une seule revient à se priver de deux leviers.

Les plantes à connaître, avec leurs limites

PlanteRôle principalOù la placer
LavandeRépulsive (odeur)Au pied ou à proximité des rosiers
Œillet d'IndeRépulsiveEntre les tomates, pommes de terre, courgettes
SouciCompagne, attire les auxiliairesPotager et bordures
CapucinePlante-piègeÀ distance des cultures à protéger
TanaisieRépulsive, utilisable en infusion ou purinFond de massif
AnthémisCompagneMassif ou rocaille
Osmanthe, rue officinaleOdeur forte et répulsiveHaie, coin du jardin

Pour les rosiers, le potager et les fruitiers

Autour des rosiers, la lavande est la valeur sûre : elle est décorative, mellifère et son parfum gêne les colonies. Au potager, l'œillet d'Inde et le souci s'intercalent entre les rangs de légumes sensibles. Pour les fruitiers, privilégiez les plantes basses et odorantes au pied des arbres, sans concurrencer leurs racines.

Ce que ces plantes ne feront pas

Une plante répulsive réduit le risque, elle ne garantit pas l'absence de pucerons. Son effet s'exerce surtout à courte distance : un pied de lavande isolé au bout du jardin ne protégera pas un rosier situé à dix mètres. Plantez en nombre et au plus près des cultures fragiles, et considérez-les comme de la prévention, pas comme un traitement curatif.

La capucine : un piège à manier avec méthode

La capucine est un cas à part, car elle attire les pucerons. Elle sert de plante sacrificielle : plantée en bordure ou à quelques mètres du potager, elle concentre les colonies. Si vous la plantez au milieu des légumes, vous obtenez l'effet inverse de celui recherché.

Pensez-la comme un creuset : un point où les pucerons se rassemblent, et donc où vous pouvez intervenir en une seule fois. Au lieu de surveiller tout le jardin, vous contrôlez un seul foyer. Vous pouvez y laisser agir les prédateurs, qui trouvent là un garde-manger regroupé, ou couper les tiges infestées pour les éliminer d'un coup. Les fourmis, attirées par le miellat, se retrouvent elles aussi concentrées au même endroit, ce qui facilite leur surveillance.

Compléter les plantes par des solutions naturelles

Les prédateurs : coccinelles et chrysopes

Les larves sont les plus voraces : une larve de coccinelle peut consommer jusqu'à 100 pucerons par jour, une larve de chrysope environ 60. Pour qu'elles s'installent, laissez des fleurs simples et évitez tout insecticide, qui élimine aussi les auxiliaires. Vous pouvez également en introduire en cas d'attaque déjà installée.

Savon noir et purin d'ortie

Le savon noir agit par étouffement des pucerons. Une recette courante : 5 cuillères à soupe de savon noir dans 1 litre d'eau tiède, avec 1 cuillère à soupe d'huile d'olive, à pulvériser sur les zones infestées, surtout sous les feuilles, et à renouveler tous les 3 à 5 jours. Évitez les heures de plein soleil.

Le purin d'ortie se prépare en macérant 1 kg de feuilles d'orties dans 10 litres d'eau de pluie pendant 10 à 15 jours, puis en filtrant. Il renforce la plante plus qu'il ne tue les pucerons : on l'utilise en prévention et en soutien, dilué avant pulvérisation.

Freiner les fourmis

Tant que les fourmis protègent les colonies, les prédateurs peinent à agir. Une bande de glu posée sur le tronc ou les tuteurs, vers 80 cm du sol, bloque leur montée vers les arbustes et fruitiers.

Repérer l'attaque et choisir le bon moment

Les signes qui ne trompent pas

Feuilles recroquevillées, pousses collantes, jaunissement, croissance ralentie et dessèchement : tels sont les signes d'une infestation. Un dépôt noir de fumagine ou une file de fourmis sur la tige confirme la présence de pucerons. Regardez le dessous des feuilles et l'extrémité des jeunes pousses, où ils s'installent en premier.

Le calendrier

Les colonies se développent du printemps à l'automne, à partir de l'éclosion des œufs au printemps. Plantez donc vos plantes protectrices dès le printemps, avant le démarrage des premières colonies : le semis de la capucine et du souci se fait en général de mars à mai, et leur floraison s'étale de l'été à l'automne. Au premier foyer repéré, intervenez tout de suite : pulvérisation ciblée, taille de la tige touchée ou lâcher de prédateurs, selon l'ampleur.

En résumé, associez deux ou trois plantes aux rôles différents, laissez une place aux prédateurs, et gardez le savon noir pour les départs d'infestation.

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